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CÉLESTIN V, LE PALLIUM, BENOÎT XVI

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Le Pape « pardonne » Collemaggio et Célestin V

QUEL sens symbolique donner au geste du pape Benoît XVI ?

En
déposant le pallium papal le Souverain Pontife a-t-il voulu pardonner Célestin V et le style laïque et « au-dessus des parties » que le pape du « grand refus » a voulu donner à la cérémonie du Pardon ?

Ce site, divisé en chapitres, est une chronique des événements qui ont permis de refaire la jonction, après 700 ans, entre deux époques éloignées, le XIIe siècle et le nôtre, qui a commencé au troisième millénaire. Le « Pont de Lumière » que le pape Célestin V avait fait construire pour les habitants de  L’Aquila a été rouvert et est de nouveau praticable.

Le tremblement de terre du 6 avril 2009 a été un signe et un avertissement terrible que les personnes les plus sensibles ont reçu et accueilli dans leur cœur.
L’église catholique aussi en a eu conscience, et s’est empressée de répondre dans les formes et les temps requis par cet événement. Un événement  qui continue de demander la contribution de tous ceux qui ont à cœur le sort de cette population des Abruzzes, blessée et meurtrie dans ses parties vitales, au-delà du chaos des soins immédiats, qui ne peuvent certes se limiter à un soutien purement financier pour la reconstruction des nombreux édifices fissurés et abattus par ce séisme qui a soulevé le Gran Sasso d’un mètre et asséché un lac.

En parlant au téléphone avec Maria Grazia Lopardi et les amis de l’association Panta Rei, qu’elle dirige avec beaucoup de grâce, j’ai tout de suite su qu’ils étaient sains et saufs, mais qu’ils avaient dû déménager sous des tentes ou dans des roulottes, étant donné que leurs habitations s’étaient écroulées ou étaient gravement lézardées.
Mais ce qui m’a laissé le plus perplexe, c’est le manque absolu d’informations et de nouvelles sur l’état de la Basilique et sur les effets dévastateurs du séisme, qui comme d’habitude se concentraient sur d’autres églises et édifices sacrés.

J’ai fini par savoir pourquoi ce silence, et à le comprendre. Il a fallu que j’attende plusieurs jours avant de voir les premières images du toit ouvert, de la voûte baroque qui s’était écroulée sur le sol avec les  deux colonnes portantes. À un premier examen sommaire, j’ai pris acte avec soulagement que les gravats et les détritus n’avaient  heureusement pas endommagé sérieusement le sol en losanges blancs et rouges sur lequel avait été imprimé le parcours initiatique, qui se termine par le dessin des >Trois 888< dans le labyrinthe en spirale sur la droite, juste à la base d’une des deux colonnes qui s’étaient abattues avec la voûte.

J’ai réuni ces mois-ci des images et des vidéos à mettre sur ce site. Sur certaines on voyait bien l’intervention des pompiers pour libérer la châsse en verre qui contient la dépouille mortelle de Célestin V, exposée ensuite au public à l’intérieur de la « Sainte Porte », avec une équipe de pompiers qui monte la garde. On le voit comme ici, à l’occasion de la visite du pape Benoît XVI, le 28 avril 2009, à titre personnel et donc pas en présence du maire, Massimo Cialente, aucune autorité municipale n’ayant été admise ; il n’y avait que les autorités catholiques, et « en particulier » l'archevêque de L'Aquila, Mgr Giuseppe Molinari, auquel est confiée tous les ans la tâche de célébrer l’eucharistie à l’ouverture de la « Sainte Porte ».

En dehors de l'archevêque de L'Aquila étaient présents d’autres hauts prélats, outre évidemment à Mgr George Gaenswein, secrétaire particulier de Benoît XVI, et à Mgr Fernando Filoni, substitut pour les affaires générales de la secrétairerie d’État. Le cardinal Tarcisio Bertone avait justifié son absence. Ratzinger a voulu à cette occasion l’appeler devant toute l’assistance « mon secrétaire d’État ».

Représentaient les autorités civiles Guido Bertolaso, le chef de la Protection civile, chargé de l’assister, et Gianni Letta, le sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil, qui l’a suivi –pensons-nous – lui aussi à titre personnel, avec la discrétion naturelle qu’il a toujours montrée dans l’exercice de sa tâche institutionnelle. Sa présence en qualité de représentant du gouvernement aurait sinon constitué inévitablement une évidente et manifeste atteinte aux droits et prérogatives du maire de la ville, auquel est confiée la tâche d’ouvrir de l’intérieur la Sainte Porte pour permettre aux autorités ecclésiastiques d’accéder au temple. C’est aussi la seule personne à qui il appartient de la refermer à la fin de la cérémonie de la Perdonanza (le pardon), après la sortie du cortège liturgique avec à sa tête l’archevêque  de L'Aquila ; ce dernier est celui qui a célébré la messe solennelle de clôture du jubilé, proclamé pour la première fois 715 ans auparavant par le pape Célestin V.

En réalité il y avait aussi le journaliste Bruno Vespa, lequel cependant a décidé de ne pas suivre le pape dans sa rencontre historique et tout à fait privée avec Célestin V: «...le pape », comme il tient à préciser dans l’article, « du ‘grand refus’ dantesque. Le moine du XIIIe siècle qui précéda le jubilé, accordant l’indulgence plénière à tous les pénitents qui visiteraient la basilique de Collemaggio lors de la fête de la Perdonanza du 28 août. La déposition du pallium, le symbole même du pontificat, sur la dépouille mortelle du saint clôt de la manière la plus inattendue et solennelle une controverse qui a duré 715 ans.»

Rien d’étonnant en effet à ce que le pape Benoît XVI, si clairvoyant et si attentif au rituel et à la fois durant les cérémonies, en particulier les plus importantes et symboliques pour la communauté, ait décidé de faire un geste à l’apparence clairement symbolique, comme lors de sa visite à la ville meurtrie, en répétant l’acte qui s’accomplit tous les ans le jour de la fête du Pardon.

Sur le seuil, les sapeurs-pompiers ont amené la châsse avec les restes de Célestin V,
qui n’a pas été endommagée dans l’effondrement de l’abside.

Selon les comptes rendus journalistiques, il a frappé trois fois avec un rameau d’olivier à la Sainte Porte sur le côté de l’église.


Avec délicatesse sa main a ouvert le lourd vantail, et pendant un instant le pape Benoît s’est trouvé seul avec la châsse contenant la dépouille de Célestin, l’humble moine, le « pape du grand refus » du Dante, l’inventeur du jubilé.


Image tirée du site http://www.rinascimentosacro.com

Le Souverain Pontife est resté quelques instants debout devant le cercueil, puis il s’est penché. Il a caressé la châsse en étendant dessus, avec l’aide de Mgr George Gänswein, le pallium papal qu’il avait reçu le 24 avril 2005.

Il a posé sur la dépouille mortelle du pape Célestin V exposée dans la Basilique de Collemaggio meurtrie, l’ornement qui avait été mis sur ses épaules. Signe tardif, mais hautement symbolique, pour ceux auxquels était adressé le message reconnaissant le très haut rôle de ce « pontife », qui était pour les Romains – comme cela a déjà été souligné dans le chapitre « de cœur à cœur » - celui qui avait la tâche de « facere pontem » pour favoriser la rencontre entre le ciel et la terre, garantir et maintenir la « pax deorum ». Ce n’est peut-être pas dû au hasard si le 6 avril 2009 à 3h32 une « nouvelle porte » s’est ouverte, et nous pensons que le geste que le pape Benoît XVI a fait 28 avril 2009, d’offrir le pallium qu’il avait porté pour la première fois à la messe solennelle de début de pontificat, le 24 avril 2005, n’est absolument pas fortuit. Celui-ci est > intentionnellement différent < de celui du pape Wojtyla et des derniers papes, car, sur une décision du nouveau Souverain Pontife, il reprend > la forme< et > la symbolique < du pallium des origines, utilisé jusqu’au IXe siècle, comme l’a expliqué Monseigneur Crispino Valenziano, conseiller de l’Office des célébrations liturgiques pontificales, dans une des interviews accordées après l’intronisation du pape Benoît XVI.

Sens symbolique du pallium papal

Dans une interview donnée à Radio Vatican le 23 avril 2005 aux journalistes accrédités dans la salle de presse du Saint-Siège, Mgr Valenziano a tenu à mettre en exergue qu’avec cette cérémonie solennelle, à l’aube officielle de son ministère, Benoît XVI avait décidé de mettre l'accent sur la > dimension pétrinienne < qu’il voulait donner au rôle qu’il s’apprêtait à jouer, de Pasteur de l’Église catholique. Il a évoqué à cet égard les missions confiées par le Christ ressuscité à Simon de Bethsaïda, qui crut en la parole de Jésus et tira le filet de la pêche miraculeuse. L’accent sur ces missions est donné particulièrement par la détermination des lieux dans lesquels devaient se dérouler les rites d’intronisation, mais surtout par les deux symboles, > la bague < et > le pallium <, choisis par le pape Ratzinger en tant que direct successeur de Pierre.

Dans une interview publiée dans Repubblica - Espresso sous le titre emblématique de > La réforme de la réforme a déjà commencé < , Benoît XVI lui-même a expliqué symboles et lectures :
> le pallium comme joug du Christ, comme brebis perdue et sauvée des déserts extérieurs et intérieurs, comme Dieu fait agneau, pour un monde « sauvé par le Crucifix et non par ceux qui crucifient »;
>
l'anneau du pêcheur comme le filet de l’Évangile qui tire les hommes hors « de l’océan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu »; et le « n’ayez pas peur » de la fin, car « chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu, chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire », pas le produit « accidentel et dépourvu de sens de l’évolution ».

Avec son extraordinaire passion pour la liturgie – tient à préciser Sandro Magister, l'auteur de l'article - Benoît XVI est indiscutablement pape de la grande tradition : faite de textes, de rites, d’art, de musique. Le Concile Vatican II aussi est parti de là :  l’empreinte la plus mémorable qu’il a laissée est celle de la réforme liturgique. Mais dès le départ Ratzinger a vu et a dénoncé ses altérations. Il arriva à écrire : « Ce sont des morts qui enterrent d’autres morts et qui appellent cela réforme ».



L’Anneau du Pêcheur

Le premier signe
avec lequel le nouveau Souverain Pontife a voulu que soit représenté son installation dans le ministère de Pierre, est l’Anneau du Pêcheur, qui porte trois symboles : la barque avec le filet, deux poissons stylisés, la croix du pallium.

« On l’appelle l’anneau ‘du Pêcheur’ parce que Pierre est l’apôtre pêcheur qui, ayant eu confiance en Jésus et en sa parole, tira à terre les filets de la pêche miraculeuse » explique la note diffusée par l’Office des célébrations liturgiques.

« L’appel de Pierre à être pasteur, que nous avons entendu dans l’Évangile, fait suite au récit d’une pêche abondante, après une nuit au cours de laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur la rive le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une nouvelle fois et voici que le filet devient si plein qu’ils ne réussirent plus à le ramener : cent cinquante-trois gros poissons , ‘et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré’ (Jn 21, 11) »

Benoît XVI a voulu préciser lui-même tout ceci dans son homélie d’intronisation.
«
Aujourd’hui encore l’Église et les successeurs des apôtres sont invités à prendre le large sur l’océan de l’histoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ – à Dieu, au Christ, à la vraie vie ».




C’est le cardinal Angelo Sodano, en sa qualité de vice-doyen du Collège des cardinaux, qui a remis la bague au pape Benoît XVI au cours de la cérémonie.
La bague porte l'effigie de Pierre et symbolise la mission qui > Lui < a été confiée de confirmer ses frères dans la foi, et c’est le sceau qui le certifie. En effet, avec le pontificat de Benoît XVI la bague ornée de pierres précieuses disparaît.
Le pape Ratzinger
portera toujours « l’anneau du Pêcheur », qui sera identique au cachet qui sera utilisé pour certains actes (a expliqué  Monseigneur Crispino Valenziano). Il ne sera retiré du doigt du Souverain Pontife qu’après sa mort, et détruit.


Le pallium de saint Pierre

Le deuxième symbole choisi par Benoît XVI devait le rappeler longtemps après sa vie, car il a expressément demandé d’être représenté sur l'effigie placée dans le Mausolée des papes en souvenir du 265e Souverain Pontife d’une manière susceptible de souligner la qualité de Pasteur de la première Église, que l’on avait voulu reconnaître au successeur direct de l' apôtre Pierre le Pêcheur, prêt comme Lui, son prédecesseur, à re-prendre le large sur l’océan de l’histoire et jeter les filets pour conquérir les hommes à l’Évangile – à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Il a tenu à le réaffirmer à plusieurs reprises au moment de son intronisation, et ceci a été confirmé également par ses plus étroits collaborateurs et conseillers liturgiques, tels que Mgr Valenziano et Mgr Marini. En commentant cette cérémonie, qui est apparue fondamentalement  > différente < de toutes les précédentes, ceux-ci ont confirmé la volonté précise du pape de prendre à tous les effets la parure du 1er pape de la chrétienté et par là les caractères liturgiques donnés à ces deux symboles.

« Le nouveau pallium choisi par Benoît XVI est fait - comme le précédent- en laine de mouton,  mais aussi d’agneaux » pour rappeler l’Évangile selon Saint-Jean (21) - a expliqué Monseigneur Crispino Valenziano dans une de ses conférences. « Il pend sur le côté gauche jusqu’aux pieds et la partie finale est en soie noire – comme la brebis noire ». Cinq croix en soie rouge sont brodées dessus, et non six noires, comme sur le pallium porté par les papes précédents, car chacune des cinq croix symbolise une ces cinq plaies du Pasteur qui a donné sa vie sur la croix pour ses brebis ». « Le pallium est garni de trois broches d’or et pierres précieuses (aciculae) qui rappellent les trois clous (deux sur les mains et un sur les pieds) plantés dans la chair du Christ et évoquant sa douleur. Les deux autres symbolisent la couronne d’épines qui avait été posée sur sa tête et la lance, avec laquelle le soldat romain a transpercé son flanc d’un coup mortel. »


La broche d'or semble être un souvenir des temps où le pallium n’était qu’une simple écharpe pliée en deux et agrafée sur l’épaule gauche avec une épingle, comme semble le confirmer la photo de Wojtyla, qui, contrairement à Benoît XVI, porte une seule broche à la hauteur du cou.


Le pallium est un ancien symbole épiscopal tissé en pure laine ; c’est un signe que les évêques romains portaient jusqu’au IVe siècle pour symboliser le joug du Christ qui porte sur ses épaules le « Serviteur des serviteurs de Dieu », comme est appelé le Souverain Pontife.



Le pallium
des premiers siècles du christianisme était long et croisé sur l’épaule gauche, et n’a plus été porté en Occident sous cette forme à partir du IXe siècle, comme on le voit sur le tableau présent dans le Sacro Speco de Subiaco (caverne sacrée), datant de 1219 environ et représentant le pape Innocent III.

Selon le Maître des Célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini, le < pallium > d’Innocent III est apparemment le fruit d’un « archaïsme voulu ». Interprétation confirmée également par l’historien anglais de l’art médiéval Thomas F. Mathews, qui a attiré l’attention sur le fait que « l'intention iconographique » du tableau du Sacro Speco de Subiaco était d’appliquer au fondateur du Christianisme et à ses premiers disciples un attribut de « détachement du monde » et d’« enseignement d’un autre monde », condition qui était couramment attribuée aux philosophes à la fin de l’Empire romain.


À l’origine le pallium (du latin pallium, manteau de laine) était la chlamyde portée par les philosophes dans l’art paléochrétien, et c’est avec ce « manteau » qu’étaient représentés Jésus et les apôtres, comme sur le portrait de Simon-Pierre (le premier pape) par P.P. Rubens.

Il rappelle le Bon Pasteur qui met sur ses épaules la brebis égarée. Le pallium veut symboliser la brebis égarée et retrouvée, portée sur son dos par le Bon Pasteur, et aussi la triple demande faite amoureusement par Jésus ressuscité à Simon-Pierre de paître ses brebis et se agneaux (Jn 21, 15-19).

En Égypte saint Isidore de Peluse (440), en donnant à l'insigne épiscopal le nom de
omoforion, « que l’évêque porte sur ses épaules », explique qu’il est fait de laine, pas de
lin, et ainsi il « dessine la peau de la brebis égarée que chercha le Seigneur, et, l’ayant retrouvée, la ramena sur ses épaules ».

Au départ attribut exclusif du Souverain Pontife, il fut ensuite accordé par le Saint Père également aux évêques qui avaient reçu du Siège apostolique une juridiction spéciale. En 513, en effet, le pape Symmachus l’accorda à Césaire, évêque d’Arles. En signe de proximité spéciale au Siège apostolique, les évêques en ceignent leurs épaules, justement pour symboliser un agneau, mais aussi comme insigne liturgique d’honneur et de juridiction porté par le pape et par les archevêques métropolitains dans leurs églises et celles de leurs provinces.

Le pallium, cette étole de laine blanche, est en effet le symbole de la puissance épiscopale.

« Être évêque, être prêtre » signifie « prendre > la position du Christ < c’est-à-dire penser, voir et agir à partir de sa position élevée et ainsi à partir de Lui être à la disposition des hommes, pour qu’ils trouvent la vie ».

Le pallium imposé le dimanche 24 avril 2005 au nouveau pape par le cardinal protodiacre Jorge Medina Estévez s’élargit vers la gauche, reprenant la forme qu’il avait à l’origine.

Cet insigne liturgique que les évêques de Rome portent depuis le IVe siècle, tel que l’attestent les mosaïques de Saint-Apollinaire à Ravenne, peut être considéré comme  « une image du joug du Christ, que l’Évêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu, prend sur ses épaules » a affirmé le pape Benoît XVI lors de son homélie d’intronisation.

« Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous accueillons – a-t-il ajouté –. Et cette volonté n’est pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut, connaître quel est le chemin de la vie – telle était la joie d’Israël, tel était son grand privilège ».

Le pallium est aussi le signe tangible du caractère organique de l’Église et de la communion entre le siège de Rome et les églises disséminées de par le monde, comme lorsque, à l’occasion de la fête des Apôtres Pierre et Paul, le Souverain Pontife romain l’impose aux archevêques métropolitains nommés dans le courant de l’année passée.
En effet, à partir du double événement du martyre de Pierre et de Paul, toutes les églises commencèrent à se tourner vers celle de Rome comme point de repère central pour l’unité doctrinale et pastorale.

Le Concile Vatican II dit ceci : « C’est pourquoi encore il existe légitimement, au sein de la communion de l’Église, des Églises particulières jouissant de leurs traditions propres – sans préjudice du primat de la Chaire de Pierre qui préside à l’assemblée universelle de la charité (cf S. Ignatius M., Ad Rom., Preaf.: Funk, I, 252), garantit les légitimes diversités et veille à ce que, loin de porter préjudice à l’unité, les particularités, au contraire, lui soient profitables » (Const. Lumen gentium, 13).

Benoît XVI a rétabli le pallium long et croisé sur l’épaule gauche en usage jusqu’au IXe siècle, laissant inchangée la forme du pallium accordé aux archevêques, avec les deux pendants au milieu de la poitrine et au milieu du dos.

Le changement dans la forme du pallium et le nombre des croix

Le pallium traditionnel a été porté pendant les trois premières années de pontificat pour être ensuite remplacé par un pallium semblable à celui utilisé précédemment par les autres Souverains Pontifes.

Dès le début du pontificat ce pallium – toujours selon Mgr Valenziano - plutôt gênant et encombrant, a présenté des problèmes pratiques. Par conséquent, à l’occasion de la Messe du 29 juin 2008 (solennité des saints Pierre et Paul), le Souverain Pontife a recommencé à porter un pallium en « Y » semblable à celui utilisé normalement par les archevêques métropolitains, mais d’une forme plus large et plus longue et avec de nouveau > 6 croix rouges >, en regard des > 5 < précédentes du pallium archaïque choisi pour le jour de son intronisation.



Depuis le 29 juin 2008 la forme du pallium que revêt Benoît XVI pour les célébrations liturgiques solennelles n’est plus la même. Celui choisi par le pape pour la messe des saints Pierre et Paul est en effet circulaire et fermé, avec les deux pendants au milieu de la poitrine et du dos. Modèle déjà reproduit, étrangement, à la base de ses armoiries, un
> signe de claivoyance <
cryptique, vu la nette rerssemblance avec le Pallium porté pour la première fois en juin 2008, comme s'il avait déjà "pressenti" son remplacement à la fin de la troisième année suivant son élection au saint-Siège.

Il en résulte une forme plus large et plus longue. La couleur rouge des < 6 croix > qui l’ornent a été conservée, mais la forme en est modifiée : elles se présentent comme 4 triangles équilatères qui se rencontrent au centre.

« Il s’agit du développement de la forme du pallium latin utilisé jusqu’à Jean-Paul II, orné de 4 croix noires sur le devant et 2 derrière », affirme le maître des Célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini, qui explique les motivations historiques et liturgiques du nouvel insigne dans une interview parue dans L'Osservatore Romano du 26 juin 2008. Le journaliste lui demandait des éclaircissements sur les raisons qui avaient poussé le pape à faire ce choix, et quelles étaient les différences entre le pallium papal et celui que le Souverain Pontife pose sur les épaules des archevêques.


« La différence existe encore dans le pallium actuel. Celui qui sera porté par Benoît XVI à partir de la solennité des saints Pierre et Paul reprend la forme du pallium utilisé jusqu’à Jean-Paul II, quoique plus large et plus long, et avec la couleur rouge des 6 croix. La différence entre la forme du pallium papal et celui des archevêques métropolitains met en relief la différente juridiction que cet ornement est censé manifester. »


La réforme de la réforme s’est arrêtée
> le retour à l’ancien pallium <

Ces  différences (la forme plus large et les 6 croix de couleur rouge à la place des 6 noires) - selon la Curie – mettent en relief la diversité de juridiction entre le pape et les archevêques, mais il ne semble pas que l’intention de Benoît XVI ait été d’utiliser un  ornement plus pratique, et ce sont justement ces différences chromatiques et de forme des 6 croix qui extériorisent la différence de juridiction indiquée par le pallium.

Ceci est confirmé surtout par > le nouveau bâton pastoral< en forme de croix grecque ayant appartenu à Pie IX et utilisé pour la première fois par Benoît XVI à la célébration du Dimanche des Rameaux de cette année-là. Le pape l’utilise désormais constamment, ayant jugé bon de remplacer la crosse en argent surmontée du crucifix introduite par Paul VI, et utilisée également par Jean-Paul Ier, par Jean-Paul II et par > lui-même <.


Il serait vraiment simpliste et décidément fallacieux de considérer un tel > choix < comme une normale alternance d’ornements liturgiques et le faire passer pour un simple > retour à l’ancien temps < – comme ont tenu à le réaffirmer les conseillers liturgiques du pape - qui témoignerait d’un développement dans la continuité, un enracinement dans la tradition qui permet de procéder en bon ordre sur le chemin de l’histoire. Argumentation sincèrement faible et peu convaincante, car on ne s’est pas limité à mettre de côté > un ornement encombrant < et reprendre le pallium utilisé par les papes précédents.

La forme a été changée, mais surtout la couleur, la forme et en conséquence la symbolique numérique et mystérieuse des 6 croix, formées chacune de a  > 4 triangles équilatères < qui donnent lieu à une série de nombres liés à une symbolique ésotérique et mystérique précise :  > 3 côtés de chaque triangle x 4 = 12 x 6 = 72 <> comme les 72 anges de la tradition.

Comme cela est désormais de notoriété publique, Benoît  XVI, dès le moment où il est monté sur le trône de saint Pierre, a toujours plaidé pour que soit donné le juste culte à Dieu. Liturgiquement parlant, ceci passe également  par la gestuelle de la dévotion, l’utilisation convenable des bons ornements sacerdotaux portés dans les circonstances adéquates, la sobre solennité, et en particulier l'utilisation d’anciens ornements utilisés dans le passé, dans le respect de leur sens originel et de leur fonction immuable, qui dans le cas du pallium de la tradition était d’identifier le nouveau pape exclusivement avec Pierre < le premier >, le fondateur de l’Église du Christ en croix.

Ce sont des considérations curiales et liturgiques, qui semblent contredire > l’esprit pétrinien < que Benoît XVI avait voulu donner à son Pontificat et que, depuis la Fête des saints Pierre et Paul, il a montré vouloir modifier très nettement, comme le confirmerait la volonté de remplacer dans le mausolée des papes > son effigie  < qui l’aurait rappelé à la postérité non plus avec > le manteau pastoral < des premiers papes, mais avec un autre lié à une tout autre symbolique et à de tout autres valeurs spirituelles.

Pierre 1er < SOUVERAIN PONTIFE > Benoît XVI

Le véritable but du 265e Souverain Pontife paraissait tout à fait > différent < au départ, comme le prouverait le geste de céder à Célestin V un an plus tard, le 28 avril 2009, I'ancien pallium qu’il portait lorsqu’il a été installé sur la chaire pontificale, un ornement qu’il avait fait refaire spécialement, et dont les moindres détails avaient été soignés.

Ce faisant, il créditait à saint Pierre Célestin le rôle de pape, mais – nous en sommes de plus en plus convaincus après une analyse plus attentive et approfondie de la cérémonie qui s’est déroulée à L’Aquila le 28 avril 2009 - de  Père fondateur comme  < Pierre > de l’Église du Christ, reconnaissant en < Pietro da Morrone > le vrai successeur du 1er pape chrétien.

Benedetto XVI le 24 avril 2005 avait la ferme intention de laisser dans l’histoire des papes un signe indélébile et hautement symbolique de son passage sur terre, ayant souligné, tout au long de la cérémonie d’intronisation, la dimension « pétrinienne » de son ministère et choisissant deux symboles (l'anneau du pêcheur et le pallium de la tradition) laissant bien peu d’équivoques quant à ses intentions.

Le jour de son intronisation, le pape Ratzinger – comme l’a souligné à plusieurs reprises Mgr Valenziano – n’avait certes pas mystère de sa volonté de s’identifier  > corps et âme < avec Simon-Pierre, accentuant les différences rituelles et formelles.

Le nouveau Souverain Pontife a éclairci > le rôle < qu’il se proposait de jouer, en insistant sur son intention précise de s’identifier justement avec Pierre >  le pape fondateur <.

Durant une conférence de presse, Mgr Crispino Valenziano, conseiller de l’Office des célébrations liturgiques pontificales, a expliqué le message central de ce geste :

> « Benoît XVI n’a pas été élu successeur de Jean-Paul II, mais de Pierre » <

Les rites de début du pontificat de Benoît XVI ont en effet été chargés de nouveautés symboliques, qui ont caractérisé non seulement la Messe solennelle de ce dimanche, mais aussi d’autres gestes que le pape a effectués avant et pendant la cérémonie.

Le nouveau pape a approuvé les rites quelques heures seulement après avoir été choisi par le Collège des cardinaux comme successeur numéro 265 de l’Apôtre Pierre.

La Messe solennelle de début de pontificat a en effet remplacé celle du couronnement et de l’imposition de la tiare, abolie avec le pontificat de Paul VI (1963-1978).

Une des nouveautés les plus significatives est apparue au début de la messe de ce dimanche avec la visite du « trophée » apostolique, où se trouve le tombeau du premier évêque de Rome, situé sous le Baldaquin.

Le liturgiste de l’Institut liturgique pontifical Sant'Anselmo a révélé que par le passé les papes étaient couronnés tantôt dans la Chapelle Sixtine, tantôt dans la Basilique.

Toutefois, le pape Benoît XVI a voulu être placé solennellement sur le siège épiscopal – et donc pas couronné – sur la place Saint-Pierre, « car c’est le lieu du martyre de Pierre », et non pas pour des motifs logistiques, a-t-il expliqué.

Valenziano, qui est aussi membre de la Commission pontificale d’Archéologie sacrée, a expliqué que la Messe de ce dimanche particulier a commencé par une « statio » ou station devant le tombeau de saint Pierre pour prier afin que « Pierre parte d’où est Pierre ». Et c’est justement en raison de ce geste symbolique voulu que Benoît XVI, accompagné des patriarches orientaux, est descendu de l’Autel de la Confession de la Basilique Saint-Pierre jusqu’au lieu connu sous le nom de « trophée », où se trouve le tombeau du premier pape.

À ce moment-là, deux diacres ont recueilli les deux symboles qui allaient ensuite être imposés au pape : « l’Anneau du Pêcheur » et « le Pallium », qui est resté à côté de la tombe de Pierre toute la nuit.

Si l’on sait lire les symboles plus ou moins cryptés dont le Souverain Pontife actuel est un connaisseur profond et interprète, on reconnaîtra clairement et explicitement l’approche pétrinienne des divers passages rituels. Il suffirait de réexaminer avec une très grande attention les événements du dimanche 24 avril 2005.
Le choix des croix

Il y a une différence symbolique également dans le choix des croix que le pape a fait broder sur plusieurs pallia.


1) Sur le pallium à croix noires, porté par Jean-Paul II et par les archevêques métropolitains est reproduite  une croix grecque stylisée de forme triangulaire, qui se termine en entonnoir.

2) Sur le pallium archaïque avec 5 croix rouges, porté par Benoît XVI le jour de son intronisation est reproduite une croix grecque stylisée, qui se resserre légèrement à l’intersection des deux segments.

3) Sur le pallium moderne avec 6 croix rouges, modifié et porté à partir de juin 2008, est reproduite une croix de Malte, indiquée par le n° 12 sur le schéma ci-dessus, mais différente de celle plus connue à 8 pointes.

Tandis qu’elle apparaît parfaitement  < identique> à celle incluse dans le blason du 30e grade de la franc-maçonnerie écossaise.



Il serait vraiment intéressant d’approfondir les motifs symboliques et mystériques qui ont convaincu le pape Benoît XVI à choisir ce modèle de < croix rouge > qui dans la franc-maçonnerie écossaise indique >  le Grand Élu Chevalier Kadosh, Chevalier de l’aigle blanc et noir.


Le Kadosh est le « saint », le « pur » qui a franchi le seuil de l’initiation suprême, portant aux extrêmes conséquences le thème du détachement de tout facteur de conditionnement psychologique, spirituel, philosophique.

C’est « le soldat de l’Éternel qui doit avoir coupé tout cordon ombilical avec le monde », c’est-à-dire le franc-maçon qui a réalisé en termes absolus l’objectif d’une totale libération mentale et spirituelle, obtenue grâce à une pratique rituelle qui « en plein esprit d’indépendance le libère de toute sujétion par rapport aux idées qu’il pourrait avoir acquises précédemment par foi religieuse ou par formation culturelle socio-politique », exactement comme les anciens  Templiers, considérés comme des hérétiques de type gnostique-manichéen, à cause justement des « connaissances » acquises pendant leur séjour en Terre Sainte entre le XIe et le XIIe siècle. L’Église catholique (et non certes le roi de France) fut ainsi amenée à les persécuter du fait même de ces connaissances acquises même après la dissolution officielle de l’Ordre en 1312 par Clément V.

On avait commencé par le pallium, qui reprend une forme archaïque des premiers siècles, pour décider de le remplacer ensuite par un autre complètement différent surtout dans la forme et dans la couleur des croix, sans possibilité d’erreur lié à la tradition templière et maçonnique.

La fin d’un cycle et le début d’un NOUVEAU ?

Si le pape Ratzinger, en changeant la forme du pallium, n’avait pas choisi en même temps le bâton pastoral de Pie IX, qui lança le terrible anathème contre les francs-maçons, on serait tenté de penser que Benoît XVI, comme d’autres papes avant lui, nourrit une sympathie très marquée pour la liturgie et le rituel maçonnique. Souvent ce sont les mêmes symboles qui sont gravés de manière impérissable sur la pierre de beaucoup d’églises de la chrétienté, comme dans la Basilique de Collemaggio, voulue par Célestin V, ou dans la Basilique d’Assise, imaginée et conçue par Frère Élie, construites toutes deux sous la direction de Maîtres comasques comme l’atteste la tombe, dans le cimetière derrière la Basilique d’Assise, appartenant à Maître Ciccolo di Becca, mort en 1330, qui présente un ensemble déconcertant de symboles maçonniques : la rose-croix à côté d’une équerre et d’un poinçon et, encore une fois, une étoile à huit branches.


Ce n’est certes pas ici que nous approfondirons ce sujet et que nous pourrons résoudre les énigmes ou décrypter les messages chiffrés écrits sur les vêtements et sur les ornements sacerdotaux de ce pape. Celui-ci a montré qu’il connaissait profondément les hérésies de type gnostique-manichéen,  et qu’il possédait les « connaissances » apprises par les Templiers pendant leur séjour en Palestine, connaissances transmises sûrement à Pietro da Morrone, le futur pape Célestin V, durant la construction de la Basilique Santa Maria de Collemaggio et du dallage qui conduit au Labyrinthe avec les Trois 888, caché et masqué pendant tous ces siècles.

Il devient opportun de chercher à lire les divers messages symboliques laissés intentionnellement par le pape Benoît XVI dans la cérémonie rituelle de l'offre du pallium papal au pape Célestin V.

Lecture symbolique de l'offre du pallium papal au pape Célestin V

Le pape Benoît XVI avait vraiment l’intention de « pardonner » Collemaggio et Célestin V, comme a tenu à souligner un journal local , « L'Aquila Nuova », et clore de la manière la plus inattendue et solennelle une controverse qui dure depuis 715 ans, comme le raconte le journaliste  Bruno Vespa.

En considérant de plus près les modalités et la scansion temporelle choisies par Benoît XVI ainsi que par la curie romaine et de L’Aquila pour immortaliser la rencontre symbolique entre les deux papes, ont doit admettre sincèrement que trop de choses coïncident parfaitement et qu’elles ne peuvent absolument pas avoir été le fruit de l’improvisation.

On comprend facilement que cette cérémonie a été étudiée dans les moindres détails, et que justement elle n’a rien eu d’improvisé et de spontané, comme on a voulu faire croire aux médias et aux quelques personnes présentes.

- Cette photo a été prise quelque minutes avant l’arrivée du pape. Elle montre la Sainte Porte ouverte et le Monseigneur qui dispose les pompiers de chaque côté de la Sainte Portequatre de chaque côté, de façon à être à « huit » pour accueillir le Souverain Pontife, nombre sacré et hautement symbolique pour L'Aquila.
- Le pape, après être descendu du minibus conduit par Bertolaso, en présence de quelques personnes seulement, a frappé – du moins c’est ce que relatent les chroniques du Vatican – trois fois avec un rameau d’olivier sur le vantail de la Sainte Porte, qui entre-temps avait été fermée. En vertu d’une tradition centenaire ce portail peut être ouvert symboliquement seulement par le maire de la ville, le seul qui a l’autorité pour le faire, après la lecture de la Bulle confiée par Célestin aux autorités municipales, qui, chaque fois que se renouvelle l’événement, invitent l’évêque et le clergé à participer à la cérémonie d’ouverture de la Sainte Porte.

- La chronique raconte que sa main a ouvert avec délicatesse le lourd vantail et pendant un instant, le pape Benoît s’est trouvé seul avec la châsse contenant la dépouille de Célestin, l’humble moine, le « pape du grand refus » de Dante, l’inventeur du premier jubilé.

- Le Souverain Pontife est resté debout quelques instant devant le cercueil. Puis il s’est penché,  a caressé la châsse et a étendu dessus, avec l’aide de son secrétaire Mgr George, le pallium papal qu’il avait reçu le 24 avril 2005, quand il a été intronisé.

- Une cérémonie touchante, comme elle devait l’être, je crois, dans les intentions de ce pape très sensible, profond connaisseur du rituel et depuis toujours très attentif à ses implications, donnant à son geste raffiné un sens hautement spirituel et symbolique. Je crois que très peu de personnes ont saisi la réelle portée de ce geste, vu le peu de relief donné au message que le pape a voulu donner à la communauté chrétienne et surtout au clergé, qui a tant contrecarré son prédécesseur.

Nous sommes en effet convaincus qu’il a voulu lui donner une signification précise, en lançant un pont de lumière vers l’autre berge, sur laquelle avait été injustement relégué son prédécesseur, en reconnaissant la qualité qu’il n’a jamais perdue, malgré la tunique de l’humble moine qu’il avait de nouveau revêtue en descendant de la chaire pontificale.

Quel est le sens symbolique du geste de Benoît XVI ?



Qu’il nous soit permis d’offrir > une lecture symbolique différente < du comportement de Benoît XVI lors de sa visite du 28 avril 2009 et des choix qu’il a faits ce jour-là, une date qui sera sûrement rappelée non seulement par les habitants de L’Aquila, mais aussi, nous en sommes sûrs, par la communauté mondiale.                     


Dans le film « Le cercle des poètes disparus » le professeur invite un élève à monter sur une table et à tourner sur lui-même à 360°, pour revenir au point de départ. La réalité, dit le maître, doit toujours être observée de tous les points de vue, et il ne faut pas tenir pour sûres des vérités présumées et persuasives. C’est aussi le cas du geste effectué par le pape Benoît XVI, qui lui aussi devrait être sous la même perspective. Derrière ce geste < lu et interprété à 360° degrés > on découvrirait des vérités impensables et inavouables.

PIERRE 1er
< SOUVERAIN PONTIFE > CÉLESTIN V

En offrant au sieur Pietro Angeleri da Morrone, humble ermite, son propre pallium papal personnel, qui fut posé sur ses épaules quatre ans auparavant, le jour du début de SON pontificat, et accomplir ce geste à L'Aquila, à l’intérieur de la Basilique,Pierre est monté sur le trône pontifical et d’où, volontairement, il est immédiatement redescendu en perdant automatiquement toutes ses prérogatives et tous les attributs de sa qualité, il a voulu donner un sens précis et sans équivoque. Non en entrant par les ouvertures placées sur la façade - telle était la pratique consolidée et jamais contestée -, mais en passant par la Sainte Porte, sur le seuil de laquelle, à l’intérieur, les sapeurs-pompiers avaient, conformément aux instructions reçues, apporté la châsse avec les restes de Célestin V, qui n’avaient pas subi de dommages dans l’effondrement de l’abside!?. «Que ceux qui veulent comprendre comprennent » : nous sommes convaincus que ceux-là l’ont parfaitement compris, contrairement au maire et aux autorités locales dont l’absence sans justification est bien étrange. Ils avaient sûrement été informés des intentions de Benoît XVI d’aller – après le tour qui avait été programmé dans les villes les plus touchées - visiter la Basilique de Collemaggio et rendre hommage à Célestin V.

- Faire arriver le Souverain Pontife non pas sur l’automobile de représentation munie des armoiries papales  selon la pratique et la coutume, mais sur
un minibus rustique, « l’âne  moderne », recréait à dessein le message symbolique qui avait amené Célestin V à imiter l’entrée de Jésus à Jérusalem , donnant le signal clair et précis que l’ « âge de l’Esprit », tant rêvé et prophétisé par Joachim de Flore, avait enfin commencé.

- Se faire accompagner juste devant le
portail > consacré et béni < par Célestin V quand il est monté sur le trône de saint Pierre en 1294, et répéter ce geste qui s’accomplit le jour de la fête du Pardon tous les 28 août depuis 715 ans avec la même plante avec laquelle Jésus fut accueilli par la population en fête lorsqu’il entra à Jérusalem. Trois comme le nombre sacré avec lequel le troisième jour est célébrée la Pâque, la résurrection de Jésus, comme Fils de Dieu le Père, revenu comme « Esprit divin » et non plus humain pour poser la première pierre de la « Nouvelle Église spirituelle », qui avait son épicentre non plus à Rome, mais à L’Aquila.

-
Battre trois fois avec le même rameau d’olivier avec lequel Pierre frappa pour la première fois à la Porte, qui fut ensuite consacrée par lui, et ne pas se faire ouvrir par la plus haute Autorité municipale de L'Aquila, comme le veut la pratique et un usage centenaire.


-
Ouvrir personnellement les battants avec l’aide de son secrétaire, sans juger opportune la présence indispensable du maire de la ville, maintenant comme alors, le seul auquel Célestin avait confié la tâche d’ouvrir la Sainte Porte.

-
Céder le pallium papal, le manteau qui fut posé sur ses épaules il y a quatre ans, le jour du début de son pontificat, effigie et symbole du Souverain Pontife, celui qui a été choisi pour « facere pontem », « servir de pont » pour favoriser justement la rencontre entre ciel et terre, et garantir et maintenir la « pax deorum », en montrant qu’il voulait donner à la figure de Célestin V le même sens archaïque délibéré pris par l’image du pape Innocent III sur le tableau du Sacro Speco de Subiaco, mais nous sommes de plus en plus convaincus qu’il voulait reconnaître au pape du grand refus le rôle effectif de passeur du Vrai Christianisme de Jésus et de ses premiers disciples, mais surtout de Simon-Pierre, le premier pape, car il avait montré dans Sa vie et dans Ses œuvres la condition de « détachement du monde » et d’« enseignement d’un autre monde » que l’Église de Rome avait perdue et qu’elle n’était plus capable de transmettre.

- Étendre ce manteau sacré, hautement symbolique, sur la châsse hermétiquement scellée, comme il ne pouvait être posé, comme le prévoit le rituel du Vatican, directement sur les épaules du pape venant d’être élu. Dans cette châsse était renfermée, jusqu’au moment de cette symbolique « nouvelle consécration », la dépouille mortelle de saint Pierre Célestin, avec les vêtements et les symboles de l’évêque mais pas du >pape<, comme l’imposa son successeur Boniface VIII, lorsque son corps fut exposé au public, en pensant qu’il ne pouvait pas être orné des insignes papaux selon le rigide droit ecclésiastique.
Il avait en effet donné sa démission irrévocable – le premier pape dans l’histoire – et en conséquence avait renoncé au titre
et à toutes les prérogatives du grade, donc aussi aux honneurs dus au corps, sur lequel n’auraient pas dû être placés les vêtements et les symboles papaux !?



Offrir
son propre pallium personnel avec 5 croix rouges (comme les 5 plaies de Jésus crucifié) de la forme archaïque de celui d’Innocent III, porté lorsqu’il a été mis sur le siège pontifical le 24 avril 2005, pallium remplacé par un autre à la fête des saints Pierre et Paul du 29 juin 2008, toujours avec des croix rouges, mais > 6 < et non > 5 < , d’une autre forme et avec un autre sens symbolique, montre la fin d’une façon d’interpréter les rapports entre le Pasteur et ses brebis égarées, mais aussi le moment où il retrouve la brebis perdue par l’Église 700 ans plus tôt !?





-
Le Pallium, en effet, n’est pas le seul insigne liturgique d’honneur et de juridiction porté par le pape et par les archevêques métropolitains dans leurs églises et dans celles de leurs provinces, mais  il symbolise justement la brebis égarée et retrouvée, portée par le Bon Pasteur sur ses épaules, et l’Agneau crucifié pour le salut de l’humanité. Célestin, avec sa renonciation, savait parfaitement qu’il allait vers son martyre.

Il s’agit d’ >un geste hautement symbolique <, au-delà des implications politiques et des rapports entre pouvoir spirituel et temporel qui séparaient Célestin V et son successeur et bourreau Boniface VIII du fait de leur façon différente et opposée de concevoir les rapports avec Dieu et avec les fidèles, qui n’a pas voulu « justifier » ou « pardonner » ou encore moins rendre justice.

- Le pape avec son geste a « pardonné » - comme l’affirme le journaliste  duquel nous avons emprunté le titre de ce chapitre - Pietro da Morrone de s’être éloigné et détaché de l’Église de Rome, mais sûrement pas le caractère laïque et « au-dessus des parties » qu’il a voulu donner à la cérémonie du Pardon, en confiant « la Bulle » aux Autorités municipales, leur reconnaissant de ce fait une autonomie exclusive sur la juridiction de la Basilique et sur la célébration eucharistique de l’ouverture de la Sainte Porte. En effet, même si la curie romaine a expressément déclaré le caractère privé, nous pensons, tant à cause des considérations exposées ci-dessus que de la forme et des modalités avec lesquelles s’est déroulée la rencontre entre Benoît XVI et Célestin V,  que le Souverain Pontife a voulu au contraire lancer un signal précis aux Autorités municipales, absentes sans justification, pas prêtes à pressentir immédiatement les implications morales et politiques que l’absence du maire comporterait.

- Benoît XVI,
en offrant le manteau sacré porté par les premiers papes, mais surtout choisi par lui et porté pour la > première fois < au moment de son intronisation comme successeur direct du premier pape Pierre a essayé, en offrant cet exemplaire unique et irremplaçable, de ré-unir à travers des siècles les esprits vitaux de deux pasteurs et passeurs d’âmes > Simon-Pierre < et > Célestin > deux grands Souverains Pontifes, lançant un pont de lumière entre deux berges, entre deux époques tout aussi fondatrices et propulsives du Christianisme des origines, tel que l’a professé et voulu son fondateur.

- Benoît XVI a ainsi uni les cœurs de deux papes martyrs, redevenant > le 265e pape < comme tous ses prédécesseurs. Il s’est délibérément et humblement mis de côté, ne voulant plus s’identifier avec Pierre comme  le montre l'image. Il a voulu que cette photo soit reproduite dans la mosaïque ronde, la dernière de la file qui court tout autour de l’entablement interne des nefs du Mausolée des papes, l'Archibasilique Majeure Papale de Saint-Paul-hors-les-murs, où sont représentés tous les 265 Souverains Pontifes, de Pierre à l’actuel in pectore.

Il serait vraiment par trop réducteur de le considérer  - comme l’a fait un site catholique - comme une façon intelligente de se libérer d’un ornement sacerdotal d’une si grande valeur spirituelle et liturgique, et de s’opposer à l’influence négative présumée de Mgr Marini, mais surtout de Mgr Valenziano, indiqué comme le parrain occulte < la brebis noire > de la Curie. Le Papa Ratzinger se serait enfin soustrait à l’influence néfaste de ce dernier, en modifiant la forme du pallium et en faisant retirer son effigie avec le pallium de la tradition du Mausolée des papes.

- Le pape – selon une lecture plus attentive de la décision de remplacer l'effigie par le symbole du pallium traditionnel – a voulu se livrer à l’histoire non plus avec le pallium de forme archaïque, celui avec lequel il avait voulu dans un premier temps être immortalisé, reconnaissant avec une grande humilité que, après l’offre de celui-ci à Célestin V, son effigie dans le Mausolée des papes, devait être modifiée. Avec ce geste symbolique  - il avait implicitement admis que < seul > Célestin pouvait être identifié à juste titre avec > Pierre <. Il le considérait comme un pape re-fondateur de l’Église des origines, ayant voulu la réformer depuis les fondations, en en déplaçant l'épicentre de Rome à L'Aquila <> de la Basilique de Place Saint-Pierre à la Basilique Santa Maria de Collemaggio.

- Basilique redevenue > et ce n’est pas un hasard < par décision papale la Cathédrale de la ville voulue par Frédéric II et par les Templiers. Et l’histoire de cette église devrait être lue exactement à l’inverse de comment elle nous a été proposée jusqu’à présent, en limitant sciemment et opiniâtrement la juste perspective des événements et des vraies raisons de sa fondation. qui avaient convaincu les Templiers à construire cette Centrale d’accélération des cellules humaines très puissante et unique en son genre, créée pour permettre à quiconque – après s’être purifié dans le corps et dans l’esprit (v. le Pardon) – était prêt et disposé à recevoir ces énergies cosmiques particulières et très puissantes, Centrale restée pendant des siècles délibérément éteinte et transformée en simple lieu de culte, camouflée à dessein en église baroque où même son célèbre Labyrinthe était caché.


- La décision de mettre les Pompiers à garder la châsse et d’en aligner huit des deux côtés du Portail sacré est tout aussi symbolique.


- Les pompiers, après le 11 septembre 2001, sont le symbole du sacrifice extrême protéger les citoyens sans défense et en danger et la garantie que ce qui est irrémédiablement perdu peut être récupéré et revenir à la vie. Et les Pompiers de L'Aquila en particulier ont montré qu’ils appréciaient > le don < du pape Ratzinger à leur Souverain Pontife, en lui offrant à leur tour un > casque blanc < en souvenir impérissable de leur > Pompier blanc < qui sut renoncer à tous titres et privilèges, allant au-devant su sacrifice extrême > un Grande Elefante Bianco < tel que nous aimons qualifier les Grands Sages et les véritables Initiés.


Cœur à Cœur

NB: le 5  mai 2013 le « Pallium » offert par Benoȋt XVI à Célestin V a été inséré dans la châsse qui contient sa dépouille mortelle, avec de nouveaux parements, l'anneau du pêcheur et les trois épingles, ainsi qu' « un nouveau visage » d'argent, créé spécialement avec les techniques les plus avancées d'après les relevés effectués sur le crâne de Pietro da Morrone.


Me Giovanni Salvati
Un homme ne peut pas changer le monde

mais il peut diffuser
un message

qui peut changer le monde